Ah, le développement personnel, la positive attitude… Qui ne s’est pas déjà retrouvé en train de lire un article, un roman, une citation,… invitant à positiver, nous sentir mieux, apprendre à gérer nos émotions,…?

Trop de stress? pas de souci, apprenez donc à méditer.

Vous n’arrêtez pas de crier sur vos enfants? no problem! appliquez donc à la lettre les préceptes de la parentalité positive et vous (re)deviendrez un bon parent…

Une fâcheuse tendance à ressasser? à anticiper le pire? Et si vous appreniez à visualiser avec une petite technique d’ancrage positif?

Vous ne trouvez plus de sens à votre vie? Suivez donc cette routine matinale et adoptez ces principes simples comme bonjour.

développement personnel positive attitude

Comme beaucoup, je m’intéresse depuis un moment maintenant au vaste champ du développement personnel et je me retrouve dans pas mal de points. Je suis une optimiste de nature, depuis toute petite. J’ai réalisé par exemple que depuis des années, sans le savoir, je pratique la visualisation positive pour à peu près tout dans ma vie. Lorsque je pense à un projet, que je planifie mes vacances,… bref, toute la théorie neuro scientifique qui se développe sur l’idée que notre cerveau crée notre réalité me parle évidemment beaucoup.

Mais depuis quelques temps, quelque chose me gène avec tout ça.

Je crois que ça a commencé avec tout ce que je lisais sur la parentalité positive.

Moi-même maman de 2 filles (et éducatrice de formation) j’ai lu bon nombre d’ouvrages, d’articles,… avec lesquels je partage la plupart des concepts. Mais au bout d’un moment, j’ai réalisé que chaque fois que je finissais par m’emporter contre mes filles, que je laissais jaillir ma colère après avoir mis des mots sur les émotions, proposé des solutions alternatives, rassuré, expliqué, et j’en passe, je partais bosser la boule au ventre en me traitant presque de mauvaise mère.

Dans le même temps, étant moi-même thérapeute et utilisant quotidiennement pour moi comme pour les personnes que j’accompagne des techniques issues du développement personnel au sens large (auto-hypnose, ancrages, carnets de notes, routines, visualisations, centrage, PNL,…) je me suis aperçue que pour autant, il y a des fois où je ne vais pas bien malgré tout ça.

Et j’ai beau connaitre et pratiquer pleins de techniques, ça ne m’empêche pas d’avoir des coups de moins bien, des moments de stress (voire de panique), des doutes, des peurs,…

Et de la même façon que ma petite voix intérieure me chuchote (“t’es quand même pas cool avec les filles, t’aurais pas du faire comme ça, ça va rester gravé en elles pour toujours” (alors que bon, soyons clairs, on parle d’une crise déclenchée par l’envie d’aller à l’école en débardeur alors qu’il fait 3 degrés dehors hein et de moi dans le rôle de maman qui pète un plomb après 25 minutes de négociation parce que là, il est 8:28, que l’école va fermer, que mon client va m’attendre et que non, là tout de suite, je n’ai pas envie de lâcher là-dessus… Merde alors!)), et bien de la même façon, j’ai des moments où je crois que j’ai juste envie/besoin d’être pas bien. Sauf que maintenant que je connais toutes ces techniques, j’en viens parfois à culpabiliser non pas de ne pas être bien, mais de ne pas avoir tout de suite ressorti la tête de l’eau!

Parce que si on regarde bien, on est assommé par la positive attitude, par les citations, par les bouquins de bien-être en tout genre! Il n’y a qu’à voir le succès du premier roman de Raphaëlle Giordano (que j’ai bien aimé en passant): on en vient à romancer le développement perso. Mais tout ça nous amène où? Certes vers un à-priori mieux être.

Pourquoi à-priori? parce que tout ça c’est bien beau, mais au même titre que l’héroïne du bouquin est coachée par son routinologue et qu’elle est parfois complètement perdue, encore faut-il savoir par où commencer, ce qui nous correspond… et surtout, avoir en tête que les moments de moins bien sont aussi nécessaires! On ne peut pas être uniquement sur une pente ascendante. Ce qui nous fait parfois le plus peur est essentiel.

La peur et le doute, sont nos garde fous!

Souvent, les personnes que j’accompagne en cabinet me disent vouloir se débarrasser d’une émotion (bien souvent, la peur ou la colère). Et chaque fois à l’intérieur de moi ça grince. Je leur dis “vous en débarrasser complètement? vous êtes sur? avant de vous en débarrasser, savez-vous ce que cette émotion essaie de vous dire?“…D’ailleurs, bien souvent, cette simple phrase déclenche une forte émotion… drôlement utile pour la personne qui comprend alors pas mal de choses…

Lorqu’elle est écoutée, l’émotion tant redoutée devient une alliée. Celle qui a prévenu, celle qui a mis en garde, celle qui a protégé.

A force de lire et d’entendre que les clés sont en nous pour aller bien, qu’on a tous les outils pour aller mieux, qu’il faut “juste” s’entrainer et les faire entrer dans sa vie, qu’il suffit de mettre en pratique tel ou tel rituel, on en oublie que ce qui est déjà là a quelque chose à dire et n’est jamais là pour rien.

Et vous, comment appréhendez vous tout ça?

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