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L'hypnose avec les enfants, à partir de quel âge?

Cette question est l’une des plus souvent posées. Aussi bien par les parents qui aimeraient que leur enfant soit accompagné, que par beaucoup de praticiens pour qui la pratique de l’hypnose semble moins évidente avec les enfants.

Pourtant, les enfants ont cette spontanéité et cette facilité à entrer dans un état modifié de conscience bien plus développées que nous adultes.

Ce serait donc vraiment dommage de s’en priver, non?

Lors de la première séance, certains enfants sont vraiment demandeurs parce qu’ils vivent un truc qui les embête réellement au quotidien.

D’autres viennent plus à reculons, poussés par papa/maman qui ne savent plus comment réguler ce qu’il se passe à la maison et qui cherchent par tous les moyens à aider leur enfant et à apaiser le climat familial.

Quoi qu’il en soit, cette première séance est hyper importante parce qu’elle est un point d’ancrage pour la suite de l’accompagnement. 

Aller voir un thérapeute quand on est enfant, même si ça aide à aller mieux, c’est pas le truc le plus marrant du monde. 

Alors dans ma façon d’accompagner, je fais en sorte que les enfants réalisent toutes les possibilités qui existent pour se sentir bien dans leur tête, dans leur corps et dans leur cœur (même quand ils vivent des trucs très durs). Il y a d’ailleurs un truc vraiment très chouette qu’ils adorent à faire sur une première séance que j’évoque ici.

Car l’hypnose nous donne plein de possibilités pour que cette première séance accroche l’enfant et qu’il en fasse quelque chose de chouette pour lui.

L'hypnose pour amener du fun et créer de l'alliance avec les pré-ados

Quand je reçois un pré-ado (entre 8 et 12 ans), je vois très vite ceux qui sont venus avec des attentes, et ceux qui sont venus en traînant des pieds 😉

A cet âge, ils oscillent entre l’envie d’autonomie et d’indépendance, et un besoin de sécurité et de réassurance encore forts.

Ils veulent qu’on les laisse tranquille, qu’on leur confie des responsabilités et qu’on les traite comme des grands. Avec tous les conflits familiaux qui vont avec 🙂

Une fois le “problème” évoqué avec le parent, celui-ci retourne en salle d’attente et je reste seule avec l’enfant.

Généralement je demande à l’enfant ce qu’il pense de ce qu’on vient de se dire et puis assez vite, je lui fais changer de place et je change complètement de sujet.

Je lui demande ce qu’il connait de l’hypnose, ce qu’il en imagine.

J’adapte en fonction de sa réponse mais l’idée, c’est de lui expliquer quelques techniques, et lui montrer en quoi, par des jeux de suggestions, son corps et son esprit peuvent réagir.

C’est une manière de préparer l’idée que si mes suggestions passent sur des trucs ludiques, il pourra créer les siennes sur des trucs qui sont importants pour lui. 

Souvent, je propose qu’on se lève pour amener du  dynamisme dans la séance et ne pas s’encroûter dans un truc statique. 

Se lever crée du mouvement dans le corps mais aussi dans l’esprit

Typiquement, un jeune qui n’a pas envie d’être là et reste avachi dans son siège n’aura pas du tout le même engagement une fois qu’il sera debout.

Déjà parce qu’une fois débout… ben il a déjà commencé à s’engager malgré lui dans ce que je propose même si ce n’est pas encore gagné. Mais c’est beaucoup plus difficile de dire “non je me rassois” que de se prêter au jeu.

Et puis après, et bien libre cours à votre imagination mais la bascule avant/arrière est déjà un truc tout simple et vraiment chouette qu’ils adorent parce que l’effet est assez impressionnant. Ajoutez à ça un aimant collé au front qui est attiré par un autre imaginaire sur le mur et jouez avec ces effets-là. 

J’enchaîne plusieurs trucs comme ça, complètement dé-corrélés du problème pour lequel il est là. Les doigts aimantés, une catalepsie avec la main qui se rapproche toute seule du corps… ça crée un rapport vraiment sympa et ça renforce de fait une forme d’alliance thérapeutique. Pourquoi? Parce qu’il voit que je ne suis pas là “juste” pour répondre à la “demande” des parents. 

Puis vient le moment où je propose qu’on se rassoies, je lui explique certaines techniques s’il en a envie pour le refaire avec ses copains avant de revenir sur ce qui l’amène. 

“Bon, maintenant que tu sais faire tout ça, en quoi ça pourrait bien t’aider par rapport à ce qu’on évoquait tout à l’heure?”

Et la séance se déroule ensuite comme elle doit se dérouler mais le rapport est là, l’envie aussi et si il me dit qu’il ne voit pas en quoi ça peut l’aider ou lui servir, que pour lui il n’y a pas de problème, ça me va aussi.

Je vais du coup lui demander, puisqu’il est là, sur quel autre truc qui l’embête dans son quotidien je pourrais bien l’aider. Et on part de là pour garder l’alliance. Parce que si il y a un problème que l’enfant veut aborder, c’est ce cadre sécurisant qui lui permettra de le faire.

Utiliser la transe spontanée des tout-petits et jouer avec

Pour les plus jeunes, et même parfois les très très jeunes (autour de 3 ans), l’état d’hypnose ne va pas être créé comme avec les plus grands. 

Les tout-petits ont une imagination débordante et il “suffit” de jouer avec, de s’adapter et de voir avec leurs yeux.

Des yeux d’enfants qui tour à tour s’émerveillent, s’inquiètent, se réjouissent, se questionnent

Avec les plus petits, j’utilise beaucoup les objets tiers. Par exemple, j’ai un petit nuage tout doux que j’avais fait fabriquer pour mes ateliers avec les enfants qui m’accompagne dans toutes mes séances.

La plupart du temps, et particulièrement avec les enfants que je sens plus réservés, pendant que le parent explique ce qui l’amène, je me lève et vais chercher le nuage.

J’interromps le parent en mettant le nuage contre mon oreille et j’écoute ce qu’il me dit.

“Comment ça tu voudrais aller sur les genoux de x? Mais enfin, il ne te connait pas je ne suis pas sûre qu’il soit d’accord”. 

Et spontanément, l’enfant me regarde intrigué, voire amusé et je lui demande alors s’il voudrait bien que Petit Nuage vienne lui dire bonjour. 

J’explique quand même que Petit Nuage est assez réservé et qu’il n’ose pas trop demander les choses directement, qu’il a besoin de temps et de sentir qu’on s’occupera bien de lui.

C’est quelque chose qui fonctionne vraiment très bien, les petits adorent ça 😀

Quand le parent sort de la pièce, je demande à l’enfant ce qu’il aime avant de parler du “pourquoi il est là” que je laisse volontairement de côté au début.

Comme avec les plus grands, l’enjeu à ce moment là est de créer de l’alliance et qu’il sente que cet espace est suffisamment sécurisant pour s’autoriser à déposer ce qui l’embête.

En m’intéressant à ce qu’il.elle aime, il y a là une porte d’entrée vers son monde, son univers qu’il faut saisir. 

Bien sûr, pour le coup quelque soit l’âge, l’idéal est quand même d’avoir un minimum de connaissances sur les héros de fictions et dessins animés actuels, les jeux vidéos, les réseaux sociaux…

Donc quand on me parle de Pat Patrouille, de Sam le Pompier ou de Harry Potter et bien je rentre dans le truc à fond, j’alimente avec ce que je connais et si besoin je demande des détails!

Et à partir de là, tout devient prétexte à utiliser cet imaginaire pour en faire quelque chose d’utile pour l’enfant. 

J’ai eu récemment un petit garçon de 5 ans qui avait tout plein de peurs le soir au coucher. 

Il avait repéré un bol tibétain que j’avais sorti et dans lequel j’avais mis des marionnettes de doigts.

Et très vite, le bol tibétain s’est transformé en chaudron magique qui avale les peurs.

On a mis en place plein de rituels, utilisé les marionnettes de doigts pour dire les formules magiques qui vont bien et… pouf! les peurs ont été avalées par le chaudron. 

Cette séance a été, d’après la maman, assez radicale car le coucher n’a plus été un problème derrière. Ce n’est pas toujours le cas.

Il faut souvent quelques séances pour désamorcer tout ça mais souvent, comme dans cet exemple, l’enfant rentre tellement dans ce jeu et l’incarne à point que les effets sont très puissants. 

Encore une fois, avec les plus petits, la transe est spontanée: quand il jette ses peurs dans le chaudron et qu’il les voit disparaître, il les voit… disparaître. Et moi aussi!

La clé est peut-être là d’ailleurs; que l’adulte voie avec les mêmes yeux que lui 🙂 Nul besoin d’aller chercher quelque chose de compliqué quand on peut utiliser ce qui parle à l’enfant. 

 

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2 Comments

  1. Sebastien tari

    Bravo, vraiment super! Plein d’idées géniales et de finesse avec une grande sensibilité et une écoute très fine…
    J’ai hâte de lire d’autres de vos conseils

    • Isabelle

      Merci Sébastien 😊
      Tant mieux si ça vous apporte quelques idées !
      N’hésitez pas à faire un tour sur la page des podcasts que j’ai débutée il y a peu 😉
      https://isabelleablain.fr/podcasts/
      Et partagez autour de vous si vous pensez que ça peut aider 🙂
      À bientôt,
      Isabelle

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